Les robots vont-ils remplacer les RH ?

Publié par | septembre 07, 2017 | Tendances RH | No Comments

Suite aux travaux de l’Université d’Oxford, 23,9% des offres présentes aujourd’hui sur les sites d’emploi disparaîtront très probablement d’ici 2035. En d’autres termes près d’un 1 emploi sur 4 sera automatisé d’ici 2035. De profonds changements en perspectives liés à l’arrivée des nouvelles technologies, et parmi elles la « Robotique ».

Pour prévenir les dangers à venir, le romancier Asimou avait établi des règles fondamentales pour encadrer les rapports humains-machines. Il posait trois lois :

  • Règle 1 : Un robot ne peut pas porter atteinte à un être humain, il doit porter assistance à tout être humain exposé à un danger
  • Règle 2 : Le robot doit toujours obéir à l’homme, sauf s’il s’agit de contredire la première loi
  • Règle 3 : Il doit protéger son existence sans entrer en contradiction avec les deux premières lois

Le robot : le mouton à cinq pattes doté de supers-pouvoirs

L’analyse et traitement informatique de la langue française (ATILF), unité mixte de recherche du CNRS et de l’université de Lorraine (ex université Nancy-II) définit la robotique comme : « Appareil effectuant, grâce à un système de commande automatique à base de micro-processeur, une tâche précise pour laquelle il a été conçu dans le domaine industriel, scientifique, militaire ou domestique ». Nous pouvons aussi le définir comme un dispositif mécanique réalisant des tâches qui sont généralement dangereuses ou impossibles pour les humains, soit des tâches simples mais en les accomplissant mieux que l’homme.

D’une part la robotique libère l’homme de tâches répétitives et épuisantes, pour qu’il puisse se concentrer sur celles à plus forte valeur ajoutée. Et d’autre part elle accroit la productivité pour répondre aux besoins du plus grand nombre.

A noter également que la robotique peut être tangible (mécatronique) ou intangible (bot).

Les enjeux de la robotique appliqués aux RH

  • Augmenter la productivité

En période de forte croissance, une entreprise peut procéder à une série de recrutement pour accompagner son développement. Dans ce cas présent un robot-recruteur permettrait de sélectionner les candidats potentiels en un temps record, et pourrait gérer le processus de recrutement de bout en bout. En d’autres termes la société doit veiller à ce que l’acquisition de robots dans le secteur des RH réponde véritablement à ses besoins.

L’économiste à la banque de France Louis Raffin expliquait que « réussir à redistribuer de manière équitable les richesses issues de cette nouvelle « super productivité » parait donc indispensable car « sans consommation de masse », il n’y aura pas de « production de masse » ».

  • Attirer & fidéliser les employés

Les nouvelles technologies sont demandées par les générations Y, qui constitueront près de la moitié de la population active en 2020. Par conséquent, leur utilisation devient un facteur de fidélisation des employés. Dans le secteur RH, les ‘vieux-loups’ devront développer de nouvelles compétences pour gérer efficacement ces nouveaux outils. Quant aux juniors, travailler dans une entreprise ‘has-been’ n’est pas aussi excitant que d’évoluer dans une société qui vit avec son temps. La transformation digitale RH devient essentielle pour valoriser l’image de l’entreprise en interne, et attirer des talents en externe.

  • Recentrer l’activité RH sur le développement des talents

Aujourd’hui les logiciels RH permettent d’automatiser un certain nombre de tâches comme la collecte, le stockage et le traitement des données. Mais nécessitent pour la plupart l’intervention de l’homme pour l’analyse de la Data, les choix stratégiques et la mise en place opérationnelle.

Dans les années qui viennent l’automatisation deviendra de plus en plus présente en ce qui concerne les données chiffrées. Nous pouvons imaginer que d’ici 2030 les tâches administratives et de gestion de la paie seront intégralement automatisées. Mais tant que les logiciels ne seront pas capables d’évaluer des facteurs intangibles tels que les softs skills, la créativité ou la capacité d’adaptation à la culture de l’entreprise, le rôle des professionnels RH ne sera pas remis en question par les progrès techniques. Durant les dix prochaines années, le secteur RH verra ses activités se recentrer sur le suivi de carrière des collaborateurs, la formation et toutes les activités liées au développement des talents.

Le recrutement et la robotique

Après l’administration du personnel et la paie, les experts prédisent que le domaine de la RH qui sera le plus touché sera très certainement le recrutement. Sauf qu’à l’heure actuelle, les robots-recruteurs qui voient le jour interviennent surtout dans les domaines de la pré-sélection, pour sélectionner les CVs des candidats. Le point positif majeur ici c’est le fait d’être totalement dénués d’émotion et de préjugé. Dans un monde où les recruteurs-humains ont tendance à engager des personnes qui leur ressemblent, les bots (robots-recruteurs) eux, se concentrent essentiellement sur les mots/expressions clés, expériences ou diplômes du candidat. De plus les technologies accélèrent le processus de recrutement en utilisant les mêmes méthodes que les recrutements classiques, elles peuvent aussi anticiper la capacité du candidat à s’adapter à la vie en entreprise grâce à la l’analyse prédictive.

Toutefois en ce qui concerne les entretiens et les choix des candidats, des limites s’imposent. Ne laissant aucune place au hasard, ni à l’intuition, le bot ne peut pas percevoir au-delà des informations qu’il reçoit. Etant programmé pour analyser certaines données, il ne peut de lui-même s’interroger sur la possibilité d’intégrer des éléments imprévus initialement dans ses analyses. Typiquement s’il a été programmé pour ne sélectionner que les candidats qui sortent d’HEC, il n’intégrera que les candidats qui ont fait d’autres grandes écoles, mais qui répondent parfaitement aux autres critères de sélection.

En somme automatiser les tâches administratives, de paie, est tout à fait opportun pour les entreprises. Coûteuses et chronophages, ces tâches sont de plus en plus délaissées au profit de l’externalisation ou de la prestation de service pour que la société se focalise sur les éléments clés de son activité. Les robots sont les bêtes de somme modernes, utiles à cette tendance. Etant programmés, ils réalisent leurs tâches sans se fatiguer, aussi longtemps qu’on leur demande. Mais en ce qui concerne le recrutement, la part de l’homme semble essentielle. Le robot peut établir des variables, analyser des données et prédire des tendances, mais n’est à ce jour pas capable de s’adapter à des contextes différents. Peut-être qu’en étant marié à l’Intelligence Artificielle (IA), cela peut être possible, mais en attendant les professionnels RH ont encore de beaux jours devant eux !