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IA, RH et droit du travail : Savoir vivre avec son temps

L’intelligence artificielle est le grand sujet à la mode du moment. A en croire ce qu’il se dit, l’IA va bouleverser le monde des ressources humaines et sa fonction en un rien de temps. Pourtant, pour un certain nombre de responsables RH, ce n’est pas pour tout de suite…

 

L’IA reste encore faible à l’heure actuelle

Le fait est qu’il est aujourd’hui très survendu. Les algorithmes sont certes doublés tous les deux ans mais ils sont programmés pour répondre à la reproduction de calculs précis. Dans le monde du travail, l’intelligence artificielle est vantée pour sa capacité à sélectionner les profils clés pour un poste, une mission précise. Pourtant dans ce cas de figure, il n’effectue rien d’autre que la reproduction de ce qu’il a fait précédemment. Il lui est alors par définition impossible d’éviter les discriminations à l’embauche ou les erreurs de castings à l’heure actuelle. Cet élément nous met en avant un point important, l’IA n’est pas si différente du taylorisme. Cette organisation si souvent vantée pour sa formidable productivité quand il s’agissait de reproduire un modèle unique…. Si elle est incapable de croiser des milliards de données presque instantanément, l’intelligence artificielle ne fait que dupliquer ce qu’elle a fait la veille mais reste totalement impuissante face à l’avenir.  Prenons l’exemple des réseaux sociaux, s’ils sont aujourd’hui capables de repérer des images pornographiques ou de violence c’est grâce à leurs programmes de « deep learning », ces logiciels ayant traité pendant une très grande durée des milliards de photos similaires et appris couche par couche. Cela signifie un travail de fond colossal et très coûteux. Tout comme l’humain, l’IA a besoin d’apprendre l’univers dans lequel il évolue avant d’être un tout. Nous sommes bien loin de l’image d’une intelligence artificielle capable de révolutionner le monde.  Si on pouvait déjà commencer par révolutionner Siri…

 

L’IA, une valeur ajoutée à l’homme et non un adversaire

Traditionnellement l’homme et la machine donc l’IA sont mis en concurrence. L’humain imagine l’IA comme asservissant l’homme au point de le rendre esclave ou pire…il est temps d’arrêter les blockbusters américains. En réalité, c’est tout l’inverse qui devrait se produire si l’on souhaite faire progresser l’homme comme la machine. L’IA doit être en mesure de décupler nos capacités, procédant à des calculs ou à des recherches trop fastidieuses pour le cerveau humain. Comme par exemple un logiciel capable d’assister un spécialiste du droit dans la mémorisation des textes de lois actualisés. Pour la fonction RH, l’impact de l’intelligence artificielle forte devrait être sur l’ensemble de la fonction. Que ce soit dans le recrutement, sur la paie, sur la culture d’entreprise, ou la mobilité interne, les futurs responsables RH seront en mesure de se concentrer sur des vraies missions à valeurs ajoutées. En réalité, l’intelligence artificielle veut dé-robotiser le travail de l’homme et non pas le lui prendre.

 

L’impact de l’automatisation sur l’humain

L’automatisation de l’emploi est un sujet qui revient régulièrement sur la table. Certes, certains secteurs n’y échapperont pas mais l’avenir de l’homme n’en est pour autant pas remis en question. Celui-ci passe en grande partie par le numérique. Selon le rapport du Conseil d’orientation et de numérisation de l’emploi de janvier 2018, aujourd’hui encore 8% des actifs français n’ont aucune compétence numérique et près de 30% ont encore besoin de progresser pour être un minimum à l’aise. Sur ce sujet, les experts sont formels, maitriser le numérique dans les années à venir sera obligatoire car personne ne peut dire actuellement quels métiers existeront encore dans dix ans. L’enjeu n’est pas la fin du travail mais bien sa transformation massive profonde et rapide du contenu des emplois. Qu’en sera-t-il alors de notre système de protection sociale reposant majoritairement sur les cotisations sociales des actifs ? L’automatisation progressive de l’emploi ne va-t-elle pas conduire tout simplement à sa fin ?

Une chose est certaine pour l’heure, l’IA est encore à son stade embryonnaire. Le monde ne va pas changer du jour au lendemain et l’humain est encore maitre des cartes. A nous de garder la main et de décider de notre futur et celui de la machine.